C., "Chemin d'Espezel"
Au moment où j’écris cet article je suis à la campagne dans un village nommé Roquefeuil.
La campagne me vieillit.
Je reviens chaque année et je retrouve tout exactement à sa place… tout à l’air vieux puis en se regardant dans la glace tu te rends compte que tu es une partie intégrante de ce paysage et que tu es vieux toi aussi.
Heureusement la ville me rajeunit avec son alcool et sa drogue luminescente.
Le silence est doux pendant la journée, un silence de petits bruits discrets.
Alors que la nuit… un silence dense est brisé continuellement par la guerre des chats, la blessure des animaux ou l’amour des grillons.
Baladez-vous le soir dans les champs et vous comprendrez la peur des loups, des ours et des gobelins. Vous perdrez votre haleine entre les épis puis sautant sur une botte de foin vous vous ferez violence pour ne pas crier.
Baladez-vous le jour dans les champs et vous comprendrez la joie du marin de voir s’ouvrir la mer, rouge de coquelicots. Vous entendrez les vagues des arbres qui poussent au rythme de vos pas lents.
Ici, à la campagne, tout est teinté de la couleur vive de la poésie. Pourtant les autochtones ont l’air si peu poètes… le temps a creusé des sillons dans leurs visages où poussent des champs de blé et de maïs.
La banalité.
Des pièces froides lumineuses
D'autres chaudes et sombres
Et au dehors le soleil creuse
Le fossé entre lumière et ombre
Cisaillant le paysage courbe
Ce sont là les traits bourrus de la campagne
La vieillesse qui vous attaque
Au dedans des maisons anciennes
Votre peau jeune devient flasque
Vos vêtements neuf prennent
L'allure et la texture du vieux bois
Ce sont là les traits bourrus de la campagne
Brisant l’intense nuit froide
Au loin l’âne blessé hennissant
Semble donner des ruades
Contre votre tympan
Qui au-dedans résonne comme un gong
Les gens monument à la caricature
Accent patois rien n'échappe
Eux aussi en vous provoquent l'usure
Du bon vieux temps qui attaque
La campagne et ses traits bourrus
C., "Ma campagne vieillissante"
La vieillesse qui vous attaque
Au dedans des maisons anciennes
Votre peau jeune devient flasque
Vos vêtements neuf prennent
L'allure et la texture du vieux bois
Ce sont là les traits bourrus de la campagne
Brisant l’intense nuit froide
Au loin l’âne blessé hennissant
Semble donner des ruades
Contre votre tympan
Qui au-dedans résonne comme un gong
Ce sont là les traits bourrus de la campagne
Les gens monument à la caricature
Accent patois rien n'échappe
Eux aussi en vous provoquent l'usure
Du bon vieux temps qui attaque
La campagne et ses traits bourrus
Peut-être un jour un chemin de terre froide nous mènera vers un autre chemin… de la couleur et chaleur de l’or.
C., "Chemin de blé"
No hay comentarios:
Publicar un comentario