martes, 28 de junio de 2011

Les plaisirs des malheureux

En parlant avec I on s'est rendu compte que le bonheur n'est pas le bonheur. On aime écrire et dessiner tous les deux or un bonheur parfait, une "plénitude", ne t'apporte rien. Il nous faut le malheur pour faire ce qu'on aime, il nous faut la chute, la souffrance et l'échec.



Il marchait sur un pied sans savoir où il poserait l’autre. Au tournant de la rue le vent balayait la poussière et sa bouche avide engouffrait tout l’espace.
Il se mit à courir espérant s’envoler d’un moment à l’autre, mais au bord du ruisseau les pavés étaient humides et ses bras battant l’air n’ont pu le retenir. Dans sa chute il comprit qu’il était plus lourd que son rêve et il aima, depuis, le poids qui l’avait fait tomber.

Pierre Reverdy, "La saveur du réel"









"Le bonheur n'est pas le bonheur"... et maintenant?





Si dans ma vie je multiplie les plaisirs
Peut-être est-ce par peur de ressentir
Cette plénitude que recherchent les assoiffés
Et qui pourtant sèche l’encre des encriers
Ataraxie est sûrement à ma portée
Mais je vais continuer à vivre mes vices débordés
Qui s’écrasent sur les pierres en perdant leur sens
Mais en m’offrant la douleur et le vide de l’absence
Méconnu et déconnu je serais enfin heureux
Les lignes de mes feuilles saillantes et le blanc creux
Car j’aurais aspiré toute la moelle du vide
Toute l’histoire de la cicatrice et celle de la ride
Les explosions du corps féminin et du mien
Provoquent les ondes du Rhin
Vite dans la nuit
Sans bruit


C., "Les plaisirs des malheureux"






Il ne reste plus qu'à espérer toujours plus de tout et tout faire pour ne rien avoir.





C., "Araignées et Scorpions"



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